Navigation Menu
Rien sur New York…

Rien sur New York…

Je ne devais pas écrire de notes sur New York. Parce que ce n’est pas un blog de voyages,mais un blog « littéraire » (même si je n’aime pas ce terme qui fait pompeux et, il faut bien le dire, chiant) et que je ne pense pas que New York sera au centre d’une des 12 histoires.

IMG_1040IMG_1025rien sur NY1

Et puis, je me suis dit « Allez, au moins une brève symbolique pour mentionner le Chelsea hôtel. Ce serait idiot de passer à côté de ce lieu légendaire où Kerouac a écrit « Sur la route » et Arthur C. Clarke (Sir Arthur, excusez-moi), « 2001, l’odyssée de l’espace ». » Et bien, cet hôtel, qui a inspiré Arthur Miller (qui y a vécu), Dylan Thomas ou encore Léonard Cohen, excusez du peu…est une ruine. Un ensemble d’échafaudages masque le bâtiment en pleine réhabilitation et fermé au public. A voir la façade décrépie qui reste encore en place, cela devait faire un bon bout de temps que les muses avaient déménagé dans un autre quartier. Alors je me rabats sur la célèbre « Public Library » de New York et sa salle de lecture tout en boiseries….en réhabilitation. Quand ça veut pas…

Du coup, vraiment plus aucune raison d’écrire sur cette ville. Et pourtant, vous êtes en train de me lire. Mais alors, elle est sur quoi cette note à la fin ?

Elle est justement sur la difficulté d’écrire sur New York. Parce que la force de cette ville est aussi sa limite. Je ne suis pas encore prêt pour écrire sur cette ville, mais je pense que c’est le cas de beaucoup d’écrivains : trop haut, trop vite, trop fort.

Je m’explique : New York ne laisse pas de place pour imaginer une histoire, elle impose la sienne. Manhattan est une île aux contours narratifs aussi dessinés, aussi précis et tranchants que les falaises d’Etretat.

IMG_0961Rien sur NY2Rien sur NY4

New York s’est construit un mythe. Quand on arrive dans cette ville, on se prend des images en pleine gueule. Des images qu’on connait tous par cÅ“ur pour les avoir vues, lues, rêvées : les taxis jaunes, la Statue de la Liberté, la Skyline, l’Empire State Building, Central Park, les vendeurs de hot dog,… Et on n’est pas déçu, au contraire. Ce que l’on voit, ce que l’on entend, ce que l’on mange, tout est à la hauteur de la promesse universelle de la ville. C’est ça qui est génial avec New York : elle est pareille dans la réalité que dans la fiction. New York, c’est un melting pot qui parait tellement évident ici mais tellement difficile à reproduire ailleurs. Un épicier indien va rigoler avec une cliente afro-américaine et un trader blond pendant qu’un policier juif fait traverser une famille d’origine arabe et musulmane. Sans qu’aucun n’y prête attention.

 

Du coup, c’est très dur de ne pas être dans les poncifs, dans le déjà vu, déjà raconté. Le pire, c’est que les habitants se sont appropriés cette mythologie et l’ont exploitée jusqu’à devenir des parodies d’eux-mêmes, les clichés qu’on attend. Comme si l’image globale de New York, ses codes, ce qui leur donne une identité commune, avait obligé les gens à rentrer dans des cases. J’ai croisé une femme obèse dans le métro qui s’endormait tout en mangeant des chips les yeux fermés, des hommes tellement bodybuildés que, les bras le long du corps, leurs mains ne touchent pas leurs cuisses, des rasta livreurs à vélo chantant du Bob Marley, des hispanos à casquettes et tatouages de gangs avec des pantalons tellement larges qu’ils pourraient y planquer une bagnole, une femme policière bien en chair (je pense qu’elle gobe 1 ou 2 collègues au p’tit dej) machonnant des donuts, appuyée à la fenêtre de sa voiture…. A se demander si ce sont des « vrais gens » ou des comédiens payés par l’office du tourisme.

Des gens qui apparaissent monoblocs, engoncés dans un modèle, une typologie de personnage qu’ils ont décidé de jouer jusqu’à l’overdose.

IMG_1019

A croire qu’à force de vouloir sortir de la masse à tout prix, ils l’aient fait en s’auto-caricaturant. Je me suis demandé si un sociologue s’était intéressé à l’influence de l’architecture sur les comportements, si tous ces buildings expliquaient cette envie de réussite à tout prix, d’individualisation, d’aller plus haut, jusqu’à se brûler les ailes pour certains. A l’image de Times square qui n’est plus qu’un parc d’attractions vidéo, un écran publicitaire permanent. Trop de…tout en fait.

IMG_1022Rien sur NY3

J’adore cette ville, ne vous méprenez pas. Mais je ne peux rien écrire sur elle. Peut-être sur ses habitants, sur des gens qui s’enfoncent dans un chemin unique jusqu’à l’implosion…. Ca, peut-être…

Allez je file : prochaine étape, le Québec.

A suivre…

Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *