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Le courant des baïnes

Le courant des baïnes

Ce début d’année marque pour moi une nouvelle étape dans mon voyage.

J’ai l’impression de dire ça tellement de fois que j’ai peur de le galvauder, que vous vous lassiez. Pourtant, c’est la vérité. Ce n’est pas un voyage que je fais, mais plusieurs. Les expériences se regroupent, se rassemblent pour me permettre de vivre des moments, des phases, qui transcendent les pays et les frontières.

Je viens d’arriver au Guatemala depuis deux jours. A Antigua plus précisément. C’est parti pour de nouveaux treks, des musées, des déambulations sans fin dans des villes coloniales, des découvertes de ruines mayas. Y’a pire comme programme.

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Cependant, il est très différent de ce que je vivais depuis trois semaines. Si je n’ai pas fait et vu que ça, je viens de passer du temps sur les côtes du Costa Rica, du Nicaragua et du Salvador. Une incartade côté Caraïbes au Costa Rica, puis une remontée versant Pacifique de ce pays jusqu’au nord du Salvador.

Bien sûr le concept de plage est identique partout : un rivage, une mer ou un océan en face. Pourtant, ici, les plages sont radicalement différentes l’une de l’autre, même limitrophes. La couleur du sable change, allant du noir profond au blanc laiteux, la densité de végétation et son grignotage sur le sable varient, la faune prend un malin plaisir à s’implanter mystérieusement dans une crique en boudant la suivante.

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Le littoral est aussi diversement exploité : de la non-présence humaine où rien ne vient perturber votre tête-à-tête avec la nature et les éléments, à un Las Vegas-sur-océan, néons clignotants et prix d’américains en prime. Avec de nombreux entre-deux plus ou moins sympathiques.

Quelle que soit la configuration, la confrontation avec l’eau, le bruit des vagues, les parfums iodés, m’ont toujours attiré.

Et, force est de constater que je ne suis pas le seul.

J’ai croisé, le long de ces côtes un nombre important d’hypnotisés, de drogués de ces plages. Des voyageurs, des touristes, venus pour quelques jours, quelques semaines tout au plus, et qui ont été piégés là.

Cette côte porte en elle une beauté empoisonnée, une nonchalance qui peut vous bercer indéfiniment, vous rendre apathique, indolent.

2015-04-Life-of-Pix-free-stock-photos-city-sea-ocean-Surf-Hawaii-Andreas-Winter(photo Life of Pix – Andreas Winter)

Des années plus tard, ces résidents temporaires n’ont pas bougé, englués dans une vie souvent monotone et un peu triste.

Ils ont des petits boulots. Ils donnent des cours de surf, de yoga, ils aident en cuisine dans un restaurant, ils jouent les guides pour les nouveaux venus. Ils vous parlent de leurs projets qu’ils vont lancer un jour, des moments passés « extraordinaires » qu’ils ont vécu, de l’argent qui va bientôt arriver, c’est sûr, du fait qu’ils ne sont plus capables de vivre ailleurs.

Ils se sont paumés, ont cédé à la tentation des sirènes.

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C’est sur eux que je veux écrire. Car la magie des lieux est trompeuse. Si vous foncez en mettant toute votre énergie dans une idée, il y a un potentiel incroyable ici. Mais si vous vous laissez emporter par le reflux, vous flottez entre deux eaux, inerte.

Le danger du paradis. Ce pourrait être un beau titre.

 

    1 Comment

  1. Je les croiserai certainement en mars au Nicaragua ces âmes.
    Surf et yoga au programme… J’ai besoin d’un peu d’indolence.
    Celle-là même que j’ai vue en Inde l’an dernier, du côté de Goa…
    Bises

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