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Dernier article. Sans photos cette fois-ci car les excursions son rangées avec le sac dans une armoire. Retour au point de départ. Fin d’une aventure, d’une période de ma vie. Je ne vous remercierai jamais assez d’avoir contribué à ce projet, de m’avoir suivi dans mes textes et pérégrinations.

Après un an en mode découverte, je viens de rentrer en France, dans ma France. Une France que je rêvais de retrouver, qui me manquait de plus en plus. Mais, après le Bataclan et la Promenade des Anglais, elle est bien plus blessée que je ne l’avais laissée. En tous cas dans mon souvenir. Une France qui en a marre, agressive, fatiguée, à bout. Et les charognards rodent : on les voit, ces hommes politiques qui jouent sur les peurs pour bomber le torse et se présenter comme le seul rempart, 2017 et les urnes en unique horizon.

Pas facile, le « vivre ensemble » dans ces conditions. Les réfugiés sont vus comme des menaces et non des êtres humains à sauver, les musulmans stigmatisés en un bloc compact et menaçant, les gens prêts à s’asseoir sur leurs libertés pour être rassurés,…

Les deux derniers pays traversés étaient à l’inverse de ce repli sécuritaire. L’Indonésie et la Malaisie sont des états où toutes les religions se côtoient pacifiquement, où l’ouverture et le respect des différences semble être gravés dans leur manière d’être. La différence est violente.

 

Mais, parce que la situation est grave, qu’elle nous inquiète tous, je veux écrire du futile. Pour cette conclusion de l’histoire, pas de drames, ni de violence. Du léger, de l’anecdotique, du clin d’œil. Ca va faire du bien, dans ce contexte. Une histoire en sourires, qui se lit mâchoires relâchées. Parfait pour le train ou la plage.

J’ai décidé de me moquer d’un de nos petits travers : râler pour tout et n’importe quoi.

Nous sommes les champions du monde du coup de gueule, le pays où nous avons (moi en premier) tous un avis sur tout. C’est sur ce travers typique que j’ai envie de baser la nouvelle.

Frappant de constater l’écart entre l’image de la France à l’étranger, son aura, son pouvoir d’attraction pour la totalité des continents traversés et les plaintes continues de mes compatriotes pour leur propre pays.

Alors voilà, un texte en cours d’écriture qui doit apparaître sur votre boîte mail à la fin du mois pour vous chatouiller les pupilles en douceur.

Une histoire qui se doit d’être une conclusion, même si j’hésite encore sur ce que je dévoile et ce qui restera en suspens.

Réponse dans quelques jours.

 

Merci d’être encore là.

A très vite.

 

G.

 

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Jamais, de tout mon parcours, exception faite du Burning Man, il ne m’a paru aussi évident d’écrire sur une destination, une partie de mon voyage.

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Pourtant, je n’ai pas encore l’intégralité de l’histoire, les péripéties exactes, ou la chute. Mais je ne peux pas faire autrement que situer l’action de la prochaine nouvelle au Myanmar.

Ce pays est un cadeau pour l’imaginaire.

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Un pays qui a une demi-heure de décalage horaire avec ses voisins, un pays qui roule à droite parce qu’un astrologue a convaincu un général que la droite était son bon côté, qui interdit les motos à Yangon à cause d’une rixe entre deux fils de hauts dignitaires, qui a créé une capitale fantôme avec des avenues immenses et vides.

Un pays à la croisée de l’Inde et de l’Asie, un mélange qui fait des birmans le plus beau peuple des pays que j’ai pu traverser dans cette partie du monde. Un pays de mixité et d’élégance : les hommes portent, en grande majorité, des jupes (des longyi pour être précis) qui leur dessinent des silhouettes longilignes, les femmes et les enfants se mettent sur le visage du Thanaka, une pâte issue d’un arbre pour se protéger du soleil. Un véritable maquillage bio, 100% naturel.

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Un pays qui s’est ouvert depuis peu, où certaines régions sont encore interdites aux étrangers, d’autres contrôlées par des groupes armés.

Enfin, un pays de pagodes et de sourires. Le Myanmar est constellé de temples et de moines. A chaque carrefour, dans chaque village, vous tombez sur un stupa, un Buddha, vous croisez les robes safranées de moines adolescents. A Bagan, il y a plus de deux mille édifices religieux que vous sillonnez au hasard, jouant à l’équilibriste sur votre scooter que vous conduisez le long de pistes sablonneuses.

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Et, partout, dès que vous sortez des autoroutes à touristes, vous croisez des regards souriants, des enfants qui vous courent après en criant les quelques mots d’anglais qu’ils connaissent. Ici, les gens ne sont pas encore blasés par les étrangers. Ils sont contents et fiers que vous veniez découvrir leur pays. Ils sont prêts à vous aider, à vous guider, ont envie de savoir d’où vous venez, que vous les rassuriez en leur disant que leur pays est magnifique et envoûtant, ce qu’il est. Un simple bonjour, « mingulaba » en birman, dans ma traduction phonétique personnelle, et les portes s’ouvrent. Ils vous demandent s’ils peuvent se prendre en photo avec vous, tellement il est encore rare de croiser un étranger. L’impression d’être une rock star ! Quel plaisir de ne pas être considéré seulement comme un portefeuille ambulant, mais comme un être humain dont ils sont avides de connaître l’histoire et la langue. Le nombre de birmans essayant d’assimiler le maximum de langages, avec talent, est dingue. Une soif de liberté et d’ouverture.

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Un cadre magique, dans lequel je me débats actuellement. L’histoire est en évolution, en peaufinage. Mais elle sera prête dans les temps. J’espère… Et j’espère qu’elle rendra justice à ce pays.

 

A très vite.

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De mes précédents voyages en Asie, je me rappelais qu’il était, sur ce continent, plus compliqué de communiquer avec les locaux et de maîtriser l’univers dans lequel on évoluait. La barrière de la langue et des références culturelles éloignées comme autant d’obstacles.

Mais le choc ressenti en Chine a été cent fois plus fort et plus brutal que mes souvenirs en Asie du sud-est.

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L’immédiateté a dû jouer : un instant, je suis à Hong-Kong, tout le monde me comprend, je me repère dans la ville, dans les transports ; un battement de paupières plus tard, après une frontière passée à pied au bout d’une ligne de métro hongkongaise, la foule roule des yeux quand je pose une question en anglais, les panneaux indicatifs ne sont plus traduits, l’organisation me parait chaotique…

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J’avais peut-être perdu l’habitude. Pendant neuf mois, une gestation complète, l’anglais et l’espagnol que je baragouinais m’ont suffi pour nouer des contacts et me guider dans mes traversées.

La Chine : une chute libre vertigineuse qui va se prolonger durant tout mon séjour dans ce pays.

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Heureusement, les Chinois sont adorables et font tout pour m’aider. Ca a été une bonne surprise : je m’attendais à des individus peu enclins au dialogue, fermés aux étrangers, pressés… Et j’ai rencontré un peuple (en tous cas, dans les régions où je suis passé) avec une réelle envie d’échanges, plein de patience et de gentillesse. Mes a priori se sont mangés un gros coup derrière la nuque, tant mieux.

Avec mes interlocuteurs, puisque ma prononciation et l’étendue de mon savoir en mandarin laissait fortement à désirer (et c’est un euphémisme), nous avons expérimenté tous les moyens de communication non-verbaux possibles. Nous avons fait de grands gestes, utilisé des onomatopées, mimé, dessiné, montré du doigt. Une partie de Taboo géante, dans la vie réelle.

Ils m’ont même écrit des notes pour que je puisse demander mon chemin ou commander au restaurant. Forcément, il y a eu aussi des moments d’incompréhension, des malentendus, des erreurs.  Mais c’est ce qui donne un goût d’aventure au voyage, non ? L’inattendu.

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En tous cas, chacune de ces tentatives de connexion reste gravée et a été un beau moment humain qui a illuminé la découverte de paysages somptueux. Des rizières en étages de Longshen et de Dazhaï, aux monts du Yunnan près de Kunming, en passant par les montagnes karstiques (moi aussi, j’ai dû chercher dans le dictionnaire. Alors, à votre tour.), plongeant dans la rivière Li à Guilin, Yangsho ou Xinping.

C’est à la fois sur cette Chine splendide, de cartes postales et sur cette humanité réconfortante que j’ai eu envie de baser cette -déjà – dixième histoire.

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Je sais d’avance que la prochaine se déroulera au Myanmar d’où je vous écris aujourd’hui, tant ce pays, et surtout ses habitants, sont uniques.Vous connaissez beaucoup de pays qui ont un décalage horaire d’une demi-heure avec leurs voisins

Mais ne brûlons pas les étapes. La nouvelle sur la Chine est à découvrir à la fin du mois, si tout se passe comme prévu.

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La Nouvelle-Zélande : les Maoris, le rugby, l’île (enfin, les deux îles) patrie de Peter Jackson et décor du Seigneur des Anneaux, un pays qui regorge de sites naturels magnifiques.

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Oui, la Nouvelle-Zélande, c’est tout ça. Mais pas que.

Ce qui m’a frappé avant tout, c’est le contraste après l’Australie.

Contraste sur la place des natifs tout d’abord. La culture maori n’est pas cachée comme la culture aborigène. Au contraire, elle est au centre. Pour plusieurs raisons.

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Le fait que ce pays se soit fondé sur un traité vs une invasion change tout. Les Maoris n’ont pas été soumis, ils ont accepté de leur plein gré (même s’ils n’avaient pas complètement compris les implications de leur choix) de faire partie de l’empire britannique. Le rapport de force s’en est trouvé inversé : les colons ne venaient pas imposer une culture mais vivre en harmonie avec les locaux (ça n’a pas été tout rose non plus. Il y a eu des exactions et des maladies apportées par les européens, qui ont décimé une grande partie des Maoris).

C’est un pays neuf (la fondation du pays tel qu’existant aujourd’hui date de 1840 !), issu d’immigrations variées que l’on met en lumière. Quelle différence par rapport à notre sentiment actuel en Europe où l’étranger est une menace plutôt qu’une richesse…

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Du coup, le creuset dans lequel tous se retrouvent est un peu l’esprit anglo-saxon, mais surtout une fierté et une revendication de cette culture ancestrale, qui devient le symbole de leur nouvelle identité.

Contraste également sur la mentalité, plus ouverte, moins « show off » que celle que j’ai pu constater en Australie. Des gens plus proches de la nature, plus « bruts ». Mais cela peut également se transformer en rudesse. Pas de politesse excessive, ni d’attention particulière, je n’ai pas eu l’occasion de croiser des gens prêts à se plier en quatre pour vous. C’est vous le visiteur, à vous de vous adapter.

Ce sentiment a été renforcé par toutes les discussions que j’ai eu avec les étrangers venus en Nouvelle-Zélande dans le cadre d’un visa « working/holiday ». Il y en beaucoup. Mais vraiment beaucoup. Surtout des allemands (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien).

La Nouvelle-Zélande est le seul pays qui accorde ce type de visa sans restrictions si vous avez moins de trente ans. Sans doute l’aspect un peu « légendaire » de ce pays du bout du monde fait-il le reste. Toujours est-il que, si l’on croise beaucoup de jeunes venus découvrir l’Australie en travaillant de temps en temps, ce n’est rien en comparaison de la Nouvelle-Zélande où il est rare de croiser des visiteurs de moins de trente ans en simple vacances.

Ils tiennent tous le même discours : le pays est incroyable, mais les jobs proposés sont les pires. Ceux qui ont travaillé également en Australie m’ont soutenu que c’était sans comparaison : en Nouvelle-Zélande, ils leur réservent vraiment les tâches les plus ingrates pour des salaires faibles et leur demandent un engagement de plusieurs mois, ce qui ne leur facilité pas la découverte du pays (si vous êtes bloqué pendant tout l’été par exemple).

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Ca m’a semblé intéressant de raconter une histoire qui me permette de faire se rencontrer un « nouveau Maori » et un visiteur, allemand bien entendu. C’est ce que je suis en train d’écrire et que j’essaie, comme d’habitude, de vous faire parvenir avant la fin du mois.

Merci de votre fidélité.

A très vite,

 

G.

 

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Que dire sur l’Australie ? Que ce fut un choc culturel, après plus de six mois sur le continent américain et surtout après ces derniers temps passés à déambuler en Amérique latine. Une Amérique du Sud et Centrale qui partage une histoire commune, une langue et une certaine vision hédoniste, fraîche, jeune de la vie, surtout due à une liberté récente, à une émancipation toujours en cours.

L’Australie est aussi un pays jeune.

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Mais c’est un pays sans culture. En tous cas sans culture propre. C’est comme ça que je l’ai ressenti. Je me trompe peut-être mais j’ai eu le sentiment de traverser un pays-éponge qui a pioché dans des influences diverses (l’art de vivre « Ã  la californienne », des influences britanniques toujours vivaces, un  rapprochement avec la culture asiatique, notamment dans les tendances culinaires, une volonté de Melbourne d’être ressenti comme une ville « européenne »,…) et les a cumulé. A part dire « c’est un pays où il fait bon vivre » parce qu’il n’a pas connu la crise et qu’il y a une insouciance encore présente (tout le monde peut trouver un travail, à 17h on est sorti du bureau et on profite de la plage en famille,…), que l’on croise des murs de street art partout ou des artistes de rues ultra-doués à chaque carrefour, aucun élément saillant ne venait me titiller les neurones et guider mon inspiration pour la prochaine nouvelle.

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Pour la première fois depuis mon départ, aucune évidence ne s’imposait.

C’est un commentaire de l’un d’entre vous (l’une pour être précis, merci Manon) qui m’a mis sur la voie. « J’espère que la prochaine histoire parlera du temps du rêve des aborigènes ».

J’avais entendue parler de cette notion, mais elle restait floue. Il a fallu que je m’intéresse à la culture aborigène. Et c’est là que j’ai eu un flash : j’ai du m’intéresser, faire une démarche active. La culture autochtone ne s’expose pas au détour d’une rue. Il faut se rendre dans les musées, lire, demander. Il n’y a aucun héritage visible, évident, de ce peuple si ancien, aux expressions (langage, art, coutumes) si différentes et si originales.

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Sans être taboue, la question aborigène est mise sous le tapis. Les seuls aborigènes que j’ai croisé sont les plus démunis, les mis à l’écart. Ce sont des SDF, des alcooliques, des mendiants. C’est une frange de population à part, qui semble ne pas profiter du rêve australien.

Pourtant, on sent un frémissement. J’ai lu des articles sur des artistes contemporains aborigènes, un festival de stand up de comédiens autochtones est organisé. Mais là encore, c’est une vision malheureusement ségrégationniste, séparatiste qui prédomine. Il est temps que l’Australie fasse la paix avec son passé et s’enrichisse des premiers peuples qui ont occupé ce territoire.

C’est sur cette séparation entre les cultures que j’ai eu envie de faire porter mon nouveau récit.

Encore un souci d’ordinateur, étant toujours en attente du retour de la tablette prodigue. Elle devrait encore se faire désirer un peu… Le mois de mars risque d’être compliqué. Je fais mon possible pour vous livrer le récit avant la fin du mois, comme prévu.

J’espère qu’il vous plaira. Je m’essaie encore une fois à un nouveau style, plus fantastique. Vous me donnerez votre avis.

 

A très vite.

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Je n’ai pas visité le Mexique. Enfin, pas vraiment. J’ai passé moins d’un mois à me balader dans les régions de Quintana Roo, de Campeche et de Yucatan, faisant le tour de ce qu’on appelle la péninsule du Yucatan. Une toute petite partie de ce grand pays. Et une partie avec une culture particulière.

Les gens d’ici se définissent eux-mêmes comme « à part ».

A part, parce qu’ils revendiquent fortement, fièrement, leur héritage maya, vous invitant à découvrir Chichen Itza, Uxmal, Kabah, Edzna,… et racontant avec passion que la péninsule étant un plat pays, chaque colline doit renfermer un temple pas encore mis à jour.

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Ce n’est pas loin d’être vraisemblable : on estime que seulement 1% des sites mayas sont restaurés et visitables à ce jour.

 

A part aussi, parce qu’ils savent qu’ils sont une des vitrines du tourisme de leur pays.

Pour le pire parfois, comme à Cancun, cette verrue, cette ville sacrifiée au tourisme de masse exporté directement des Etats-Unis, à coups de « resorts » immenses « all inclusive », de boîtes de nuits démesurées et de prix déconnectés de la réalité du pays et de la vie des locaux.

Pour le meilleur aussi. A Campeche, ville coloniale classée au patrimoine mondial de l’Unesco, à Mérida ou à Valladolid, vous êtes dans un rapport beaucoup plus humain et authentique.

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A Bacalar, vous êtes hypnotisés par les couleurs que prend la laguna, le soleil et des nuages jouant les artistes-peintres.

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A Mahahual, dès que les bateaux de croisière sonnent le retour de leurs flots de vacanciers à bord, le village replonge dans une torpeur bienveillante et zen.

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A part aussi, parce que je me suis senti en sécurité où que j’aille, me promenant de nuit, seul, sans appréhension. Alors, quand vous ouvrez le journal et que vous lisez qu’il y a eu la veille 53 morts par balle, principalement dans des affrontements avec la police, mais aussi dans des règlements de compte, des assassinats, vous avez l’impression que ça se passe dans un autre monde. Encore aujourd’hui, dans le journal, on parle du meurtre d’une journaliste, de disparus, de femmes assassinées devant leurs enfants…

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Vous entendez parler d’affrontements et de routes barrées dans le Chiapas par des indigènes qui manifestent leur colère. Colère de se voir taxer d’impôts supplémentaires pour payer les travaux consécutifs à la venue du Pape d’une religion qui n’est pas la leur, alors qu’ils luttent tous les jours pour survivre.

Pourtant, tout ça ce sont aussi d’autres réalités du Mexique. Des réalités crues, violentes, désespérées.

Et des réalités qui résonnent étrangement avec leur culture et leur histoire. N’oublions pas que les mayas étaient un peuple belliqueux qui n’hésitait pas à mutiler voire à sacrifier des vies en offrande à leurs dieux.

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C’est tout ça que j’ai envie de faire transparaître dans la nouvelle de ce mois-ci.

Montrer les facettes d’un Mexique pluriel, parler de son héritage, de sa richesse humaine, de sa face plus sombre aussi.

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J’essaie de vous mettre en scène tout ça avec une intrigue policière, histoire de remettre du rythme et de l’action après une nouvelle « intimiste ». Une première pour moi. Un exercice de style. J’espère que cela vous plaira. Vous me direz.

 

Je vous l’envoie, si tout se passe bien, à la fin du mois, depuis l’Australie. Hé oui, le Mexique marque la fin de mon périple sur ce continent américain. Fini l’espagnol, place à l’anglais.

Impossible de résumer ce que j’ai vécu. Tellement de différences du nord au sud, tellement de pays attachants. Pas de regrets, juste une tonne de souvenirs incroyables.

 

A très vite.

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Ce début d’année marque pour moi une nouvelle étape dans mon voyage.

J’ai l’impression de dire ça tellement de fois que j’ai peur de le galvauder, que vous vous lassiez. Pourtant, c’est la vérité. Ce n’est pas un voyage que je fais, mais plusieurs. Les expériences se regroupent, se rassemblent pour me permettre de vivre des moments, des phases, qui transcendent les pays et les frontières.

Je viens d’arriver au Guatemala depuis deux jours. A Antigua plus précisément. C’est parti pour de nouveaux treks, des musées, des déambulations sans fin dans des villes coloniales, des découvertes de ruines mayas. Y’a pire comme programme.

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Cependant, il est très différent de ce que je vivais depuis trois semaines. Si je n’ai pas fait et vu que ça, je viens de passer du temps sur les côtes du Costa Rica, du Nicaragua et du Salvador. Une incartade côté Caraïbes au Costa Rica, puis une remontée versant Pacifique de ce pays jusqu’au nord du Salvador.

Bien sûr le concept de plage est identique partout : un rivage, une mer ou un océan en face. Pourtant, ici, les plages sont radicalement différentes l’une de l’autre, même limitrophes. La couleur du sable change, allant du noir profond au blanc laiteux, la densité de végétation et son grignotage sur le sable varient, la faune prend un malin plaisir à s’implanter mystérieusement dans une crique en boudant la suivante.

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Le littoral est aussi diversement exploité : de la non-présence humaine où rien ne vient perturber votre tête-à-tête avec la nature et les éléments, à un Las Vegas-sur-océan, néons clignotants et prix d’américains en prime. Avec de nombreux entre-deux plus ou moins sympathiques.

Quelle que soit la configuration, la confrontation avec l’eau, le bruit des vagues, les parfums iodés, m’ont toujours attiré.

Et, force est de constater que je ne suis pas le seul.

J’ai croisé, le long de ces côtes un nombre important d’hypnotisés, de drogués de ces plages. Des voyageurs, des touristes, venus pour quelques jours, quelques semaines tout au plus, et qui ont été piégés là.

Cette côte porte en elle une beauté empoisonnée, une nonchalance qui peut vous bercer indéfiniment, vous rendre apathique, indolent.

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Des années plus tard, ces résidents temporaires n’ont pas bougé, englués dans une vie souvent monotone et un peu triste.

Ils ont des petits boulots. Ils donnent des cours de surf, de yoga, ils aident en cuisine dans un restaurant, ils jouent les guides pour les nouveaux venus. Ils vous parlent de leurs projets qu’ils vont lancer un jour, des moments passés « extraordinaires » qu’ils ont vécu, de l’argent qui va bientôt arriver, c’est sûr, du fait qu’ils ne sont plus capables de vivre ailleurs.

Ils se sont paumés, ont cédé à la tentation des sirènes.

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C’est sur eux que je veux écrire. Car la magie des lieux est trompeuse. Si vous foncez en mettant toute votre énergie dans une idée, il y a un potentiel incroyable ici. Mais si vous vous laissez emporter par le reflux, vous flottez entre deux eaux, inerte.

Le danger du paradis. Ce pourrait être un beau titre.

 

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5 000 kilomètres. C’est la distance qui sépare deux mondes.

En tous cas, c’est l’impression que j’ai depuis que je suis au Costa Rica.

Attention, j’ai adoré me balader en Amérique du Sud, la région des lacs au Chili par laquelle j’ai fini mon périple m’a laissé sous le charme. Ses volcans, ses lacs, ses collines verdoyantes, l’immensité de la Patagonie, la gentillesse des locaux,…

Mais, cette région que j’ai aimé parcourir porte en elle une sorte d’austérité qui contraste avec l’exubérance que je ressens ici.

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Une importante communauté allemande a débarqué à Frutillar, au Chili, et a façonné cette région. C’étaient des travailleurs courageux, des gens pieux, qui ont laissé leur empreinte dans l’architecture avec des maisons en bois et une façon policée de s’adresser à autrui. Tout est bien, beau, à sa place, carré. Moi, j’ai trouvé ça magnifique. La nature est contrôlée, construit pour rendre le meilleur rendu possible.

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L’île de Chiloé, un autre lieu qui m’a séduit, est une île de pêcheurs, de vrais gars aux mains calleuses, aimant travailler dur dans un décor grandiose mais abrupt, un peu comme les côtes de notre Bretagne nationale. Cette île me rappelle d’ailleurs Groix, Belle-île ou Ouessant. Les locaux sont de purs iliens, bourrus, mais le cœur sur la main. Le fait que ce soit la région la plus pluvieuse du Chili n’est qu’une coïncidence, je vous le jure.

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Le Costa Rica, c’est une autre histoire. Le climat, la nature, les sourires, la musique, tout est plus gai ici, plus coloré. Parfois trop : l’exubérance de la nature peut vous offrir de drôles de surprise. Comme ces araignées grosses comme une balle de golf qui viennent se réfugier dans les maisons quand il pleut ou ces serpents qui m’ont obligé à faire un pas de côté aujourd’hui, trouillomètre à zéro, sur un chemin pourtant balisé.

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Mais ce qui ressort du Costa Rica, c’est que tout est plus vivant. Les couleurs sont plus franches, la faune et la flore font tout en plus gros, les gens sont plus cools,… Leur slogan national « Pura vida » tout le temps à la bouche et la sympathie en bandoulière, ils profitent de la vie.

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C’est ce contraste qui guide la nouvelle que je suis en train d’écrire en ce moment. La boîte a réussi à s’échapper pour vivre une nouvelle aventure en Amérique Centrale. Je travaille sur ses pérégrinations au sein de ce nouveau pays. Comme d’habitude, je fais le maximum pour vous envoyer la prochaine histoire avant la fin du mois. J’espère pour Noël qui approche.

 

Merci à vous tous. A très vite.

 

G.

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Pour une fois, je ne vais pas vous parler d’un pays. Ce qui m’a marqué ces dernières semaines, ce sont des lieux. Des endroits incroyables traversés à la fois en Bolivie, au Chili et au nord de l’Argentine, où je me trouve maintenant. Alors, ne nous arrêtons pas aux lignes de partage dessinés par les hommes et dont la Nature se fiche éperdument.

J’ai eu la chance de traverser certains des endroits les plus beaux, les plus impressionnants du monde mais aussi les plus inhospitaliers.

Des paysages de désert, des montagnes qui alternent sept couleurs, du jaune à l’ocre, du mauve au vert,  des geysers à plus de 200 degrés qui sentent le soufre, que vous découvrez au petit matin, nichés au cœur d’un volcan, heureusement inactif depuis plusieurs siècles. S’il pouvait le rester, le temps que vous preniez quelques photos, merci…

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J’ai eu la chance de traverser le Salar d’Uyuni, cette immense étendue plane où l’expression « à perte de vue » prend tout son sens. J’ai marché sur une formation rocheuse que les locaux appellent une « île » tant ce désert de sel se prend pour une mer, sur laquelle des cactus-vigies veillent en permanence. J’ai grelotté de froid au cœur de « l’altiplano », à plus de 4 000 mètres d’altitude, regardant une voie lactée comme je ne l’avais jamais aperçue dans aucun des pays que j’ai pu visiter. J’ai vu des flamands roses dans des « salinas », ces lacs de montagne, roses elles aussi. Compétitions de couleurs ! Le tout arbitré par des volcans aux formes parfaites, comme vous les avez toujours rêvés

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J’ai parcouru le désert d’Atacama, le désert le plus aride au monde. Je devrais dire « les déserts », car, là encore, les paysages sont tellement variés. Plusieurs déserts de sel, qui n’ont rien à voir ni entre eux, ni avec ce que j’ai pu voir à Uyuni. J’ai marché dans des sites qui vous font voyager sur d’autres planètes : ils n’ont rien à voir avec l’idée que vous avez de la Terre. J’ai fait un tour sur la Lune, sur Mars et sur des planètes encore inexplorées.

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Je suis entré dans des Canyons aux dégradés expressionnistes et aux murailles infranchissables. Je me suis élevé plus haut que les nuages pour regarder une rivière serpenter tranquillement au cœur d’une vallée. Quand on pense que c’est ce simple cours d’eau qui a dessiné tout ce qui vous entoure, on ne peut qu’être fasciné par ce combat entre la roche et l’eau (attention spoiler : à la fin, c’est toujours l’eau qui gagne).

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J’ai croisé des lézards, des oiseaux, des lamas, des alpacas et des vigones qui se demandaient bien ce que je foutais là.

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Mais la beauté de tout ce que j’ai traversé ne fait pas oublier que, pour beaucoup, ils signifient aussi des conditions de vies extrêmement dures. Ce sont, pour la plupart, des paysages de désolation, des conditions extrêmes. Pas de juste mesure. Sans eau, dans le Salar d’Uyuni, c’est la mort assurée. On vous retrouve lyophilisé en quelques heures.

J’ai d’ailleurs ressenti le premier tremblement de terre de ma vie, à Salta, en Argentine. Bizarre cette sensation de se trouver dans un tambour de machine à laver géant. Ca n’a duré que quelques secondes, mais ça vous rappelle que nous ne sommes que des squatteurs sur une planète vivante qui continue à évoluer. Il y a eu des morts, ce jour-là, à quelques kilomètres d’où je me trouve.

C’est sur ces lieux, sur cette force de la Nature, que je vais écrire la prochaine nouvelle. Le désert en sera le personnage central, si fascinant et, en même temps, si dangereux.

Je m’y mets tout de suite. J’espère que ça vous plaira.

A très vite,

 

G.

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C’est avec regret que je quitte le Pérou ce soir. J’y ai vu des choses extraordinaires (Machu Pichu en tête mais pas seulement), croisé des gens géniaux – un grand merci à Marieke pour son accueil à Lima, (trop) mangé des plats délicieux, me suis fait surprendre par la beauté du paysage, ai découvert les bus de nuit les plus confortables que je connaisse (bon, par contre, la route en lacets, pour dormir, c’est pas top), ai marché sur des chemins incas à flancs de falaises,…

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Il est temps de passer à une autre étape : départ en bus de nuit (et oui encore, je deviens accro) pour la partie bolivienne du lac Titicaca.

Ce que je retiens du Pérou, si je devais synthétiser, c’est la diversité. Diversité des paysages, diversité des cultures, et diversité dans l’évolution de la population vs le « modernisme global ».

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C’est à Cuzco que cela m’a le plus marqué : ici, on oscille toujours entre la tentation de se fondre dans les traits communs de la culture occidentale et une envie farouche de défendre voire de développer sa culture et son patrimoine. A l’image de cette ville qui revendique aussi bien l’apport des espagnols que la force de la culture inca.

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D’ailleurs, les habitants sourient toujours quand ils nous voient, touristes français, arborant la marque Quechua. Voir des vêtements modernes, européens, se revendiquer de leur histoire et de leur peuple, je pense qu’il y a un peu de fierté là-dedans.

Il y a, bien sûr, dans ce Pérou, la confrontation habituelle des pays en développement : se conformer aux modèles existants, Europe et Etats-Unis, ou créer leur propre modèle de développement. Notamment dans les Andes, on sent un tiraillement plus fort que d’habitude, car la culture inca (et pré-inca) est très présente. Il y a un attachement qui n’est pas de façade, qui n’est pas de pacotille.

On croise dans les rues, dans les cafés, des femmes en costume traditionnel, alors que, juste en face, il y a une boutique de lingerie ou de jean taille basse.

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La culture péruvienne va-t-elle se diluer dans le « mainstream global » ou va-t-elle résister et créer une autre façon d’être moderne, sans perdre ses racines ? C’est avec cette interrogation que je quitte ce pays.

J’ai notamment assisté à une manifestation sur la « Plaza de armas » de Cuzco, la place centrale, d’habitants des villages touristiques des alentours, revendiquant pour que les profits tirés de l’exploitation touristique bénéficient aux populations locales et non à quelques groupes touristiques.

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J’ai trouvé ça sain, pouvoir manifester, pouvoir exprimer ses revendications. Et puis, voir ces gens regroupés en costume traditionnel, mais échangeant leurs coordonnées Facebook sur leur smartphone, ça exprime bien le dilemme de ce peuple, en tous cas dans cette région.

C’est sur ce thème que j’ai envie d’écrire. Je pense que la prochaine histoire sera une histoire de duel, de confrontation…

J’ai pas mal d’heures de bus devant moi pour que ça commence à germer.

J’espère que ça vous plaira.

N’hésitez pas à me faire des retours des premières nouvelles, c’est toujours constructif.

Merci  à vous de me suivre.

A très vite.

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Je n’ai pas la prétention (j’en ai d’autres, rassurez-vous) d’affirmer détenir la vérité sur les comportements des américains dans leur globalité. Je suis bien conscient que je n’ai goûté qu’à quelques miettes de cet énorme gâteau. En un temps assez court qui plus est. J’ai raclé le glaçage soigné sans toucher ni à la garniture, ni à la crème écoeurante.

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Des Etats-Unis, je n’ai vu que New York, Cape Cod, Chicago, Los Angeles et ses alentours, et San Fancisco d’où je vous écris en ce moment.

Pourtant, j’ai ressenti des différences notables entre ces villes (rien de plus normal, il y a plus de kilomètres entre New York et San Francisco qu’entre Brest et Beyrouth. Si, si, vous pouvez vérifier). Je passe vite sur New York et son aspect « cliché », carte postale, déjà mentionné ici.

Cape Cod est, en soi, un assemblage de villages disparates avec Provincetown en point d’orgue de ce coude tendu vers la mer. Je vous conseille vivement cette ville « gay » et gaie qui occupe la pointe de Cape Cod. Malgré les hordes de touristes, on ressent une authenticité et une énergie incroyable dans ses rues, ses plages, ses galeries d’arts,…

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Chicago, Los Angeles et San Francisco ont chacune des personnalités bien tranchées. Elles ont aussi un point commun, qui a du être un facteur inconscient de choix pour ces destinations : elles ont toutes un rapport avec l’eau. Mon cerveau reptilien d’arcachonnais a du intégrer ce facteur sans que je ne m’en rende compte.

J’ai plus ou moins d’affinités avec chacune de ces villes, mais il y a un dénominateur commun qui m’a choqué : c’est la détresse criante des laissés pour compte. Oui, il y a aussi des SDF en France, mais là, à la fois le nombre, leur douleur, voire leur folie m’ont frappé.

Et ne pensez pas que je les vois plus parce que j’ai les yeux plus grands ouverts en voyage qu’à domicile. Au Québec, à New York, je n’ai pas ressenti la gêne qui grandit en moi depuis Chicago. Attention, les gens sont plutôt ouverts dans les échanges quotidiens. Mais l’ambition affichée est forcément excluante vers ceux qui n’y arrivent pas, qui n’y arrivent plus.

C’est à Los Angeles que c’est le plus frappant. Parce que cette ville porte en elle une sorte de violence rentrée. Trop étendue, pas conçue pour être parcourue à pied (dans certains quartiers, il n’y a ni trottoirs ni éclairages publics), tellement brillante qu’elle attire une foule qui se brûle les ailes à son contact. Il suffit de voir le concentré d’excentricité de Venice Beach, cour des miracles d’une amérique en crise. J’ai vu, au coeur du Downtown, des gens étendus à même le sol, que les passants enjambaient sans s’assurer qu’ils respirent encore.

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Toute action entraîne une réaction. Je ne me souviens pas bien de mes cours de physique, mais cette vérité universelle se retrouve aussi ici. A côté de cette apreté de la vie, on voit éclore des îlots de solidarité, de créativité, d’humanité tout simplement. Des communautés de quartier, des associations, une véritable culture alternative qui émerge.

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Je pense (avant de le vivre) que le Burning Man est une de ces oasis qui essaient de lutter contre les rapports sociaux agressifs que je ressens ici. Une tentative de réinventer le monde. L’espoir d’une utopie salvatrice.

C’est sur cette violence, cette pression, mais aussi sur ces initiatives citoyennes, l’en,vie de redessiner le monde, que j’ai choisi d’axer ma prochaine histoire. J’espère qu’elle vous plaira.

Je pars mardi pour le désert près de Réno. J’en reviens vers le 9 septembre. Je vous dirai à ce moment là où j’en suis de l’écriture.

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des messages suite à la première nouvelle. Je prends en compte tous vos commentaires.

A très vite,

 

G.

 

 

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La première nouvelle approche... J’espère que tous les lieux que je vais traverser m’insuffleront autant d’inspiration que ce pays,…oups pardon, cette province. Mais il est difficile de ne pas voir le Québec comme une sorte d’île posée un peu au large du reste du Canada, un tout indépendant, tant il y a une culture, une façon d’être, qui résonne encore plus pour nous, francophones.

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Car, ce qui frappe avant tout ici, c’est la langue. Cette utilisation du français à la fois si proche de nous et si différente. C’est ce qui permet, de prime abord, de créer une ambiance unique. Même si parfois les buildings, les voitures, les rues, vous renvoient aux USA, il suffit que votre oeil accroche une affiche, une enseigne pour créer une sensation particulière.

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En plus, ce langage n’est pas le français tel qu’on le connait. Il a évolué avec ce pays et ses habitants. Il a ses consonances (la chaîne de magasins « Jean Coutu » me fait sourire à chaque fois), ses anglicismes francisés (on vous dit parfois « bienvenue » après un merci, traduction littérale de « you’re welcome ») et bien entendu son vocabulaire. Ca donne un exotisme dépaysant, mais surtout ça traduit, selon moi, une manière de penser et d’être. Ici, on dit les choses simplement : on appelle un « dépanneur » une épicerie de quartier et une châine de magasins ouverts tard la nuit a choisi « couche-tard » comme nom par exemple. Et j’ai l’impression que c’est le reflet de leur comportement, plus serein, moins stressé que nous (est-ce le langage qui a changé les gens ou les gens qui ont influencé le langage ?…que celui qui a la réponse entre la poule et l’oeuf décide). Car le langage n’est pas anecdotique ici. C’est un combat de tous les jours pour lutter contre l’invasion de l’anglais qui est à leurs portes voire dans leurs murs. Avec des victoires étonnantes parfois : vous connaissez PFK ? Les Poulets Frits du Kentucky ! Et oui, KFC a dû traduire son nom de marque pour s’installer ici.

Ce caractère québécois se retrouve aussi dans la rue : les gens sont « hippie grunge ». Beaucoup de tatouages, de piercings, de vêtements colorés, de coupes de cheveux décalées,… Du street art présent dans les métropoles, aussi bien à Québec qu’à Montréal. Des festivals partout, des artistes de rue, des performances…

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Des expatriés m’ont dit que ce que je prends pour un mode de pensée plus libre et moins contraint qu’en France, n’est que l’expression d’un côté « plouc » des québécois. On m’a aussi dit que la sympathie affichée n’est que de façade et qu’il est très difficile de se lier réellement d’amitié avec des locaux. Alors, cools ou hypocrites ? Je ne sais pas. En tous cas, ils se soucient moins du regard des autres que nous. Tout le monde fait un peu ce qu’il veut, tant qu’il respecte le collectif. Et ça c’est une force.

Un autre élément collé à l’identité de ce pays, c’est son rapport à la nature.

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D’une part, parce que le pays est grand et que, dès que l’on sort d’une métropole, on tombe dans le « nulle part ». Les villes sont très éloignées les unes des autres. Montréal qui est la plus grande métropole est constellée de parcs et a, en son centre, un espace immense, mélange de bois, de pelouses, de lac, le Mont Royal. Cette colline de verdure domine littéralement la ville, comme pour rappeler la force du côté sauvage de la région.

Hors des grandes villes, la nature est l’élément central. Et elle est magnifique. Elle vous prend par sa beauté, son immensité (on a l’impression de voir plus grand), sa profusion.

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D’autre part, parce qu’ici les saisons sont de vraies saisons et que l’hiver est une expérience en soi. Tout le monde vous en parle. Surtout les nouveaux arrivants ! 🙂

Il y a 2 façons radicalement différentes de vivre le Québec. Et les 2 sont inter-connectées : c’est parce qu’il y a l’hiver que les gens ont cette soif de vivre dès le premier rayon de soleil qui éclaire un sol dégelé. Et c’est parce qu’il y a l’été qui leur donne de l’énergie et de la force qu’ils n’ont pas peur de l’hiver. Hiver dont ils profitent à fond des bons côtés en pratiquant toutes les activités possibles, de la luge au ski de fond, en passant par les balades en chiens de traineaux.

Je ne sais pas si les Québécois sont plus abattus pendant l’hiver, plus renfermés. Pour moi, dans ce que j’en retire pour écrire, je m’en fiche un peu. J’écris avec ce que j’ai ressenti sur le moment. J’écris du vraisemblable, peut-être pas du véridique.

En tous cas, tous ces éléments, ces lieux, ces gens, m’ont bien aidé à construire cette première histoire.

Je pense vous l’envoyer d’ici 10 jours le temps de la finir et de la peaufiner. J’espère qu’elle vous plaira.

A très vite chers Globe Readers…. Enfin, « Ã  tantôt  » comme ils disent.

 

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Je ne devais pas écrire de notes sur New York. Parce que ce n’est pas un blog de voyages,mais un blog « littéraire » (même si je n’aime pas ce terme qui fait pompeux et, il faut bien le dire, chiant) et que je ne pense pas que New York sera au centre d’une des 12 histoires.

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Et puis, je me suis dit « Allez, au moins une brève symbolique pour mentionner le Chelsea hôtel. Ce serait idiot de passer à côté de ce lieu légendaire où Kerouac a écrit « Sur la route » et Arthur C. Clarke (Sir Arthur, excusez-moi), « 2001, l’odyssée de l’espace ». » Et bien, cet hôtel, qui a inspiré Arthur Miller (qui y a vécu), Dylan Thomas ou encore Léonard Cohen, excusez du peu…est une ruine. Un ensemble d’échafaudages masque le bâtiment en pleine réhabilitation et fermé au public. A voir la façade décrépie qui reste encore en place, cela devait faire un bon bout de temps que les muses avaient déménagé dans un autre quartier. Alors je me rabats sur la célèbre « Public Library » de New York et sa salle de lecture tout en boiseries….en réhabilitation. Quand ça veut pas…

Du coup, vraiment plus aucune raison d’écrire sur cette ville. Et pourtant, vous êtes en train de me lire. Mais alors, elle est sur quoi cette note à la fin ?

Elle est justement sur la difficulté d’écrire sur New York. Parce que la force de cette ville est aussi sa limite. Je ne suis pas encore prêt pour écrire sur cette ville, mais je pense que c’est le cas de beaucoup d’écrivains : trop haut, trop vite, trop fort.

Je m’explique : New York ne laisse pas de place pour imaginer une histoire, elle impose la sienne. Manhattan est une île aux contours narratifs aussi dessinés, aussi précis et tranchants que les falaises d’Etretat.

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New York s’est construit un mythe. Quand on arrive dans cette ville, on se prend des images en pleine gueule. Des images qu’on connait tous par cÅ“ur pour les avoir vues, lues, rêvées : les taxis jaunes, la Statue de la Liberté, la Skyline, l’Empire State Building, Central Park, les vendeurs de hot dog,… Et on n’est pas déçu, au contraire. Ce que l’on voit, ce que l’on entend, ce que l’on mange, tout est à la hauteur de la promesse universelle de la ville. C’est ça qui est génial avec New York : elle est pareille dans la réalité que dans la fiction. New York, c’est un melting pot qui parait tellement évident ici mais tellement difficile à reproduire ailleurs. Un épicier indien va rigoler avec une cliente afro-américaine et un trader blond pendant qu’un policier juif fait traverser une famille d’origine arabe et musulmane. Sans qu’aucun n’y prête attention.

 

Du coup, c’est très dur de ne pas être dans les poncifs, dans le déjà vu, déjà raconté. Le pire, c’est que les habitants se sont appropriés cette mythologie et l’ont exploitée jusqu’à devenir des parodies d’eux-mêmes, les clichés qu’on attend. Comme si l’image globale de New York, ses codes, ce qui leur donne une identité commune, avait obligé les gens à rentrer dans des cases. J’ai croisé une femme obèse dans le métro qui s’endormait tout en mangeant des chips les yeux fermés, des hommes tellement bodybuildés que, les bras le long du corps, leurs mains ne touchent pas leurs cuisses, des rasta livreurs à vélo chantant du Bob Marley, des hispanos à casquettes et tatouages de gangs avec des pantalons tellement larges qu’ils pourraient y planquer une bagnole, une femme policière bien en chair (je pense qu’elle gobe 1 ou 2 collègues au p’tit dej) machonnant des donuts, appuyée à la fenêtre de sa voiture…. A se demander si ce sont des « vrais gens » ou des comédiens payés par l’office du tourisme.

Des gens qui apparaissent monoblocs, engoncés dans un modèle, une typologie de personnage qu’ils ont décidé de jouer jusqu’à l’overdose.

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A croire qu’à force de vouloir sortir de la masse à tout prix, ils l’aient fait en s’auto-caricaturant. Je me suis demandé si un sociologue s’était intéressé à l’influence de l’architecture sur les comportements, si tous ces buildings expliquaient cette envie de réussite à tout prix, d’individualisation, d’aller plus haut, jusqu’à se brûler les ailes pour certains. A l’image de Times square qui n’est plus qu’un parc d’attractions vidéo, un écran publicitaire permanent. Trop de…tout en fait.

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J’adore cette ville, ne vous méprenez pas. Mais je ne peux rien écrire sur elle. Peut-être sur ses habitants, sur des gens qui s’enfoncent dans un chemin unique jusqu’à l’implosion…. Ca, peut-être…

Allez je file : prochaine étape, le Québec.

A suivre…

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Bonjour à tous et toutes… Ca y est, c’est parti. Enfin presque : décollage dans 2 jours. Et, grâce à vous tous, un échéancier à tenir et une première nouvelle à vous fournir avant fin août. D’ici là, vous trouverez sur ce site tout ce qui va me servir d’inspiration. Un lieu, une rencontre, un plat,…l’imaginaire – comme le diable – se cache dans les détails. 😉

A très vite pour que vous embarquiez avec moi dans cette aventure littéraire.

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