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Nouvelle #9 РNouvelle-Z̩lande (extraits)

« Â Le bus vient de partir.

Le chauffeur a un peu tiqué quand je lui ai dit que je restais, que je ne rentrais pas avec la quinzaine de personnes ayant fait le trajet avec moi depuis Auckland pour ce tour « découverte de Cathedral’s cove » d’une journée. Abandonner un étranger là, en fin d’après-midi, à vingt minutes de marche du premier village, l’embêtait. Il a insisté, me rappelant que j’allais perdre mon billet retour, ni échange, ni remboursement. J’avais prévu une histoire crédible : des amis à retrouver qui allaient passer me chercher d’ici peu de temps, ne m’ayant prévenu de leur présence dans la région qu’au dernier moment. Il a eu l’air rassuré, une tape sur l’épaule et le groupe s’est éloigné avec des petits signes de main auxquels je répondis en souriant.

Les autres touristes quittent peu à peu ce site de Cathedral’s cove. Cathedral’s cove, tunnel naturel creusé dans la roche par l’eau et le temps, une ouverture au pied d’une falaise, reliant ainsi deux plages, deux baies. Unique et accessible seulement par bateau ou par un chemin en terre que l’on parcourt en une trentaine de minutes.

Ils veulent arriver à leur véhicule avant la nuit tombée.

J’ai un peu plus de temps, je ne fais pas le trajet jusqu’au bout, j’ai repéré l’endroit idéal à l’aller : un promontoire rocheux magnifique qui surplombe la mer et les îlots du Coromandel, la partie nord-ouest de la Nouvelle-Zélande où je me trouve.

Le dernier couple tarde à quitter la plage. Ils aimeraient passer un moment seuls dans cet endroit romantique. Pas de bol pour eux, ça ne coïncide pas avec mes plans.

Je m’assois, m’installe calmement, sors le repas que j’ai préparé pour l’occasion de mon sac, pour bien leur faire comprendre que je ne compte pas m’éclipser rapidement. Ils comprennent le signal et rebroussent chemin, contrariés.

Je finis mon dîner, l’océan en voisin de table, et reprends, les saveurs titillant toujours mes papilles, la route du retour.

Le chemin remonte de la plage jusqu’en haut de la falaise, je suis l’itinéraire balisé un moment, avant de bifurquer sur la gauche pour rejoindre cet éperon rocheux qui me plaît tant.

 

Mon plongeoir pour l’éternité. »

 

« Â Après une bonne demi-heure de route, nous voilà arrivés dans une marina. Un petit port sans prétention. Quelques bateaux de pêche, des voiliers et des hors-bords pour trimballer les touristes. Gédéon gare sa voiture dans un coin discret, loin des réverbères.

La nuit est complètement tombée maintenant, mais le ciel dégagé, le tapis d’étoiles impressionnant et la lune aux trois-quarts pleine nous gratifient d’une clarté presque irréelle.

Il sort du matériel de l’arrière de son pick up, des éléments métalliques, comme des barres de fer, et me confie une grosse caisse à outils.

– Suis-moi, en essayant de te rendre invisible.

Le voilà parti. Décidément, m’attendre ne fait pas partie de ses réflexes. Il se déplace furtivement, ses pieds touchant à peine le sol, esquivant les zones les plus éclairées. Je suis impressionné par sa vélocité. Je pénètre à sa suite sur l’une des tracks du port. Gédéon accélère, comme s’il avait peur d’être repéré. Je ne marche plus, je cours. De temps en temps, il regarde derrière lui, vérifiant que je sois toujours là. On arrive en bout du ponton, il monte sur un bateau à moteur, une petite vedette à la motorisation puissante. Je lui passe par-dessus bord tout ce qu’on a emporté de sa voiture. Il me fait signe de le rejoindre. Il cherche quelque chose à tâtons autour du tableau de bord.

Pensant l’aider, j’allume la torche de mon portable.

– Eteins ça. Eteins ! Tu vas nous faire repérer, chuchote-t-il d’un ton ferme.

Il ne plaisante pas. Je m’exécute.

– Je les ai.

Il brandit des clés d’un air triomphant.

Cette étrange virée commence par le vol d’un bateau. Dans quoi je me suis fourré ?

РTu d̩taches les amarres et tu remontes sur le bateau tout de suite. Je d̩marrerai le moteur au dernier moment.

A peine a-t-il eu le temps de me dire ça que des sifflets crèvent le silence. Des lumières arrivent en courant dans notre direction.

РMerde, dit G̩d̩on.

– Police, ne bougez plus, crient les faisceaux qui se rapprochent.

Deux flics se précipitent vers nous à toute allure. »

 

 

…vous voulez connaître la suite ? Ecrivez-moi à contact@globewriter.fr

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