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Nouvelle #8 – Australie (extraits)

Nouvelle #8 – Australie (extraits)

By on Avr 15, 2016 in Nouvelles | 0 comments

« Â Les Australiens ne font pas du sport par plaisir, en dilettante. Ils ont des objectifs, ils veulent des résultats. Alors, ils se donnent à fond. Ils courent les dents serrées, de l’acide lactique plein les jambes, du feu dans les poumons, en contractant leurs abdos. Ils soulèvent des poids massifs devant des glaces, dans des salles surchauffées, avec des grognements sourds, vérifiant l’évolution de leur musculature. Ils se font mal, ils plient leurs morphologies à leur volonté. Chacun épiant l’autre pour être certain de figurer parmi les plus attirants. Une parade nuptiale à grand coup d’haltères et de sueur.

Sean n’échappait pas à cette règle. Il retrouvait ses amis trois fois par semaine au club de sport et allait glisser sur les vagues dès que possible. Avec tout ça, il pouvait s’enfiler des hectolitres de bière en soirée en gardant bonne conscience.

Les cours ? Son enveloppe corporelle y assistait, mais il était souvent en train de rêvasser, gribouiller, pianoter discrètement sur son smartphone ou commenter à voix basse les derniers commérages de la fac.

Il faisait des études parce qu’il le fallait, même si l’Australie ne connaissait pas vraiment le chômage et que le diplôme était secondaire ici. On juge les gens à leurs réalisations, à leurs compétences plutôt qu’au cursus suivi.

Alors qu’il discutait de tout et de rien avec son voisin de gauche, un mot s’éleva au-dessus du brouhaha de l’amphi et attira son attention. Uluru. »

 

« Â En entrant dans le grand bureau, Sean sentit que l’ambiance était différente. D’habitude, il a à peine le temps de passer la porte que l’honorable Professeur Paisley l’accueille en répétant en boucle « Sean, Sean, Sean » d’un ton désolé et abattu.

Cette fois, il s’extirpa de son siège, grand sourire, pour venir lui serrer la main. Deux personnes, assises dans les grands fauteuils club du coin salon se levèrent également a son arrivée. Costumes noirs et chemises blanches. Sobres et élégants. Un homme d’une cinquantaine d’années aux joues creusées, s’appuyant sur une canne à pommeau d’argent, mais au regard vif. Et son acolyte, plus jeune de deux décennies environ, cheveux courts, mâchoire carrée et sourcils broussailleux, buste puissant. Un ancien joueur de rugby ou un boxeur peut-être.

– Sean, entre, je te prie. Je te présente messieurs Smith et Weston, du cabinet Royal Crown, qui ont été très impressionnés par l’un de tes articles et qui souhaitaient te rencontrer.

Sean était persuadé qu’on lui faisait une blague, une camera cachée. C’était quoi ces noms d’abord ? Smith et Weston ? Sérieusement ? Et de quel article ils parlaient ?

Le plus âgé s’avança vers Sean en boitant, soutenu par sa canne.

– Nous recevons régulièrement le journal de la section finance de votre faculté, et votre argumentation sur la refonte nécessaire du système économique nous a fasciné. Comme vous allez chercher du travail à la fin de l’année, il nous semblait important de faire connaissance.

L’article pour le journal de l’école ! Chaque étudiant était oblige d’en écrire au moins un pendant sa scolarité. Sean avait pompé les idées d’un économiste français, Thomas Piketty, trouvées en surfant quelques minutes sur le net. Il avait recopié des passages entiers d’articles sur sa vision de l’économie moderne, en priant pour que cela passe inaperçu. A la sortie du papier, banco, il n’avait reçu que des éloges, sauf de ses amis, pas dupes.

Et voilà que Royal Crown, le plus grand cabinet de conseil en finance du pays, qui travaillait pour les plus grandes entreprises et les personnalités les plus en vue, se faisait avoir aussi et se déplaçait pour venir lui faire de la lèche. Sean n’en revenait pas de sa chance. »

 

…vous voulez connaître la suite ? Ecrivez-moi à contact@globewriter.fr

 

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