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Nouvelle #4 Рd̩serts (extraits)

Nouvelle #4 Рd̩serts (extraits)

By on Déc 8, 2015 in Nouvelles | 0 comments

« – Putain c’était qui ce mec ? La rue monte en pente raide. On est à plus de trois mille six cent mètres. Mes cuisses me brûlent, mes poumons vont exploser. S’ils croient que je vais ralentir alors que leurs talons claquent le pavé derrière moi. Une vraie cavalcade. Leurs sifflets me vrillent les oreilles. Ils pensent vraiment que cela va m’arrêter ? Si j’arrive en haut de la butte, j’ai une chance de les semer. Une détonation. Un morceau de mur explose à ma droite. Un fragment de pierre jaillit et m’érafle la joue. Les cons : ils me tirent dessus. En pleine ville, en pleine journée, en pleine foule. Tout ça pour une saloperie de boîte en bois. Et si je la lâchais maintenant ? Non, en dernier recours. Je peux encore y arriver, droite, gauche et c’est l’entrée du marché. Capharnaüm de produits en tout genre, il est labyrinthique, mais je le connais par cÅ“ur. Il fallait absolument quelqu’un de La Paz pour faire ce coup, je comprends pourquoi. Je suis chez moi, les lieux, je les connais comme ma poche, j’ai commencé ma « carrière » en fauchant les sacs des touristes dans ces mêmes ruelles. Je m’enfuyais déjà par là quand j’avais six ans. » « Après une courte hésitation, Alfonso fonça sur moi, plaquant une main sur la poitrine, essayant de me repousser hors de la loge. -T’as rien à foutre là. Dégage. En un éclair, ma lame était contre sa gorge. – Tout doux Alfonso. Je suis nerveux quand on se fout de ma gueule. Et la nervosité me fait faire des choses idiotes. Ce serait con de tâcher cette belle moquette. Du coin de l’œil, j’ai vu la casquette s’agiter. – Toi, si tu ne veux pas que je m’occupe plus sérieusement de ton cas que la dernière fois, reste tranquille. Un éclair de peur dans ses yeux, il m’a montré la paume de ses mains et recula d’un pas. Gentil toutou. Les deux autres n’avaient pas cillé. » « Â Le reste de la journée, nous le passons à naviguer sur cet océan de sel. L’étendue de cet espace fait sa puissance. Nous nous sentons minuscules et fragiles dans cette immensité. J’aime pas ce sentiment de faiblesse. Déjeuner dans un refuge...

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