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Nouvelle #3 РP̩rou (extraits)

Nouvelle #3 РP̩rou (extraits)

By on Oct 24, 2015 in Nouvelles | 0 comments

« Juan Carlos ne comprenait pas. Il avait beau constater que le tapis roulant devant lequel il attendait ses bagages était neuf, la salle propre, le mur sans lézardes, la peinture non écaillée, tout lui paraissait vieillot, usé, au bout du rouleau. Il se souvenait de son départ, il y a trente ans, dans ce même aéroport de Cuzco. Il se revoyait, entrant à pas timides dans ce bâtiment, impressionné par l’importance d’un moment doublement solennel : la première fois qu’il prenait l’avion et la première fois qu’il quittait son pays. Il ressentait encore son émotion et son émerveillement d’alors. Là, tout lui semblait petit, fade, anecdotique. »   « Â«Â Je crois qu’on est suivi », dit le chauffeur au même instant. Ernesto se maudit : une pensée négative et voilà que sa prévision de malheur se réalisait. Il imaginait déjà les virages au frein à main, les feux brûlés, les sens interdits, l’accident, l’arrestation, l’interrogatoire… Un coup d’œil autour de lui : personne ne stressait. Il était le seul à avoir les mains moites ? Il se tourna vers son chargé de communication, assis à sa gauche. – Qu’est-ce qu’on fait ? – Rien, lui répondit-il, croquant dans une pomme d’une main et pianotant sur son smartphone de l’autre. On attend. Ernesto hallucinait. Il se rendait compte de la gravité de la situation ? Il allait se retourner pour épier la voiture qui les suivait, quand son chargé de com’ reprit : – Surtout, ne vous retournez pas monsieur. Il ne faut pas leur montrer qu’ils sont repérés. Relaxez-vous, ça va bien se passer. Faites-nous confiance. Ernesto se cala dans son siège et se raisonna. Après tout, il ne faisait rien d’illégal. Un voyage d’affaires, voilà tout. Le ciel devait être de leur côté : un petit miracle se produisit. Dans une rue étroite et à sens unique, le taxi juste derrière eux cala. Impossible de le doubler. Il mit plusieurs minutes à relancer son moteur, malgré les menaces des policiers en civil qui, descendus de leur voiture, criaient à sa portière et essayaient vainement de pousser le véhicule sur le bas-côté. Une fois la voiture redémarrée, le van avait disparu. Les policiers prirent des rues au hasard, à toute vitesse, avant de stopper net. Ils les avaient perdus. De...

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