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Liberté, égalité, fraternité, poil au nez.

Liberté, égalité, fraternité, poil au nez.

By on Juil 19, 2016 in | 0 comments

Dernier article. Sans photos cette fois-ci car les excursions son rangées avec le sac dans une armoire. Retour au point de départ. Fin d’une aventure, d’une période de ma vie. Je ne vous remercierai jamais assez d’avoir contribué à ce projet, de m’avoir suivi dans mes textes et pérégrinations. Après un an en mode découverte, je viens de rentrer en France, dans ma France. Une France que je rêvais de retrouver, qui me manquait de plus en plus. Mais, après le Bataclan et la Promenade des Anglais, elle est bien plus blessée que je ne l’avais laissée. En tous cas dans mon souvenir. Une France qui en a marre, agressive, fatiguée, à bout. Et les charognards rodent : on les voit, ces hommes politiques qui jouent sur les peurs pour bomber le torse et se présenter comme le seul rempart, 2017 et les urnes en unique horizon. Pas facile, le « vivre ensemble » dans ces conditions. Les réfugiés sont vus comme des menaces et non des êtres humains à sauver, les musulmans stigmatisés en un bloc compact et menaçant, les gens prêts à s’asseoir sur leurs libertés pour être rassurés,… Les deux derniers pays traversés étaient à l’inverse de ce repli sécuritaire. L’Indonésie et la Malaisie sont des états où toutes les religions se côtoient pacifiquement, où l’ouverture et le respect des différences semble être gravés dans leur manière d’être. La différence est violente.   Mais, parce que la situation est grave, qu’elle nous inquiète tous, je veux écrire du futile. Pour cette conclusion de l’histoire, pas de drames, ni de violence. Du léger, de l’anecdotique, du clin d’œil. Ca va faire du bien, dans ce contexte. Une histoire en sourires, qui se lit mâchoires relâchées. Parfait pour le train ou la plage. J’ai décidé de me moquer d’un de nos petits travers : râler pour tout et n’importe quoi. Nous sommes les champions du monde du coup de gueule, le pays où nous avons (moi en premier) tous un avis sur tout. C’est sur ce travers typique que j’ai envie de baser la nouvelle. Frappant de constater l’écart entre l’image de la France à l’étranger, son aura, son pouvoir d’attraction pour la totalité des continents traversés et les plaintes continues de...

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Un monde à part

Un monde à part

By on Juin 5, 2016 in | 1 comment

Jamais, de tout mon parcours, exception faite du Burning Man, il ne m’a paru aussi évident d’écrire sur une destination, une partie de mon voyage. Pourtant, je n’ai pas encore l’intégralité de l’histoire, les péripéties exactes, ou la chute. Mais je ne peux pas faire autrement que situer l’action de la prochaine nouvelle au Myanmar. Ce pays est un cadeau pour l’imaginaire. Un pays qui a une demi-heure de décalage horaire avec ses voisins, un pays qui roule à droite parce qu’un astrologue a convaincu un général que la droite était son bon côté, qui interdit les motos à Yangon à cause d’une rixe entre deux fils de hauts dignitaires, qui a créé une capitale fantôme avec des avenues immenses et vides. Un pays à la croisée de l’Inde et de l’Asie, un mélange qui fait des birmans le plus beau peuple des pays que j’ai pu traverser dans cette partie du monde. Un pays de mixité et d’élégance : les hommes portent, en grande majorité, des jupes (des longyi pour être précis) qui leur dessinent des silhouettes longilignes, les femmes et les enfants se mettent sur le visage du Thanaka, une pâte issue d’un arbre pour se protéger du soleil. Un véritable maquillage bio, 100% naturel. Un pays qui s’est ouvert depuis peu, où certaines régions sont encore interdites aux étrangers, d’autres contrôlées par des groupes armés. Enfin, un pays de pagodes et de sourires. Le Myanmar est constellé de temples et de moines. A chaque carrefour, dans chaque village, vous tombez sur un stupa, un Buddha, vous croisez les robes safranées de moines adolescents. A Bagan, il y a plus de deux mille édifices religieux que vous sillonnez au hasard, jouant à l’équilibriste sur votre scooter que vous conduisez le long de pistes sablonneuses. Et, partout, dès que vous sortez des autoroutes à touristes, vous croisez des regards souriants, des enfants qui vous courent après en criant les quelques mots d’anglais qu’ils connaissent. Ici, les gens ne sont pas encore blasés par les étrangers. Ils sont contents et fiers que vous veniez découvrir leur pays. Ils sont prêts à vous aider, à vous guider, ont envie de savoir d’où vous venez, que vous les rassuriez en leur disant...

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Lost in translation

Lost in translation

By on Mai 14, 2016 in | 1 comment

De mes précédents voyages en Asie, je me rappelais qu’il était, sur ce continent, plus compliqué de communiquer avec les locaux et de maîtriser l’univers dans lequel on évoluait. La barrière de la langue et des références culturelles éloignées comme autant d’obstacles. Mais le choc ressenti en Chine a été cent fois plus fort et plus brutal que mes souvenirs en Asie du sud-est. L’immédiateté a dû jouer : un instant, je suis à Hong-Kong, tout le monde me comprend, je me repère dans la ville, dans les transports ; un battement de paupières plus tard, après une frontière passée à pied au bout d’une ligne de métro hongkongaise, la foule roule des yeux quand je pose une question en anglais, les panneaux indicatifs ne sont plus traduits, l’organisation me parait chaotique… J’avais peut-être perdu l’habitude. Pendant neuf mois, une gestation complète, l’anglais et l’espagnol que je baragouinais m’ont suffi pour nouer des contacts et me guider dans mes traversées. La Chine : une chute libre vertigineuse qui va se prolonger durant tout mon séjour dans ce pays.   Heureusement, les Chinois sont adorables et font tout pour m’aider. Ca a été une bonne surprise : je m’attendais à des individus peu enclins au dialogue, fermés aux étrangers, pressés… Et j’ai rencontré un peuple (en tous cas, dans les régions où je suis passé) avec une réelle envie d’échanges, plein de patience et de gentillesse. Mes a priori se sont mangés un gros coup derrière la nuque, tant mieux. Avec mes interlocuteurs, puisque ma prononciation et l’étendue de mon savoir en mandarin laissait fortement à désirer (et c’est un euphémisme), nous avons expérimenté tous les moyens de communication non-verbaux possibles. Nous avons fait de grands gestes, utilisé des onomatopées, mimé, dessiné, montré du doigt. Une partie de Taboo géante, dans la vie réelle. Ils m’ont même écrit des notes pour que je puisse demander mon chemin ou commander au restaurant. Forcément, il y a eu aussi des moments d’incompréhension, des malentendus, des erreurs.  Mais c’est ce qui donne un goût d’aventure au voyage, non ? L’inattendu. En tous cas, chacune de ces tentatives de connexion reste gravée et a été un beau moment humain qui a illuminé la découverte de paysages somptueux. Des rizières...

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Ein schön pays

Ein schön pays

By on Avr 16, 2016 in | 0 comments

La Nouvelle-Zélande : les Maoris, le rugby, l’île (enfin, les deux îles) patrie de Peter Jackson et décor du Seigneur des Anneaux, un pays qui regorge de sites naturels magnifiques.   Oui, la Nouvelle-Zélande, c’est tout ça. Mais pas que. Ce qui m’a frappé avant tout, c’est le contraste après l’Australie. Contraste sur la place des natifs tout d’abord. La culture maori n’est pas cachée comme la culture aborigène. Au contraire, elle est au centre. Pour plusieurs raisons. Le fait que ce pays se soit fondé sur un traité vs une invasion change tout. Les Maoris n’ont pas été soumis, ils ont accepté de leur plein gré (même s’ils n’avaient pas complètement compris les implications de leur choix) de faire partie de l’empire britannique. Le rapport de force s’en est trouvé inversé : les colons ne venaient pas imposer une culture mais vivre en harmonie avec les locaux (ça n’a pas été tout rose non plus. Il y a eu des exactions et des maladies apportées par les européens, qui ont décimé une grande partie des Maoris). C’est un pays neuf (la fondation du pays tel qu’existant aujourd’hui date de 1840 !), issu d’immigrations variées que l’on met en lumière. Quelle différence par rapport à notre sentiment actuel en Europe où l’étranger est une menace plutôt qu’une richesse… Du coup, le creuset dans lequel tous se retrouvent est un peu l’esprit anglo-saxon, mais surtout une fierté et une revendication de cette culture ancestrale, qui devient le symbole de leur nouvelle identité. Contraste également sur la mentalité, plus ouverte, moins « show off » que celle que j’ai pu constater en Australie. Des gens plus proches de la nature, plus « bruts ». Mais cela peut également se transformer en rudesse. Pas de politesse excessive, ni d’attention particulière, je n’ai pas eu l’occasion de croiser des gens prêts à se plier en quatre pour vous. C’est vous le visiteur, à vous de vous adapter. Ce sentiment a été renforcé par toutes les discussions que j’ai eu avec les étrangers venus en Nouvelle-Zélande dans le cadre d’un visa « working/holiday ». Il y en beaucoup. Mais vraiment beaucoup. Surtout des allemands (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien). La Nouvelle-Zélande est le seul pays qui accorde ce type...

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Perte de repères

Perte de repères

By on Mar 18, 2016 in | 0 comments

Que dire sur l’Australie ? Que ce fut un choc culturel, après plus de six mois sur le continent américain et surtout après ces derniers temps passés à déambuler en Amérique latine. Une Amérique du Sud et Centrale qui partage une histoire commune, une langue et une certaine vision hédoniste, fraîche, jeune de la vie, surtout due à une liberté récente, à une émancipation toujours en cours. L’Australie est aussi un pays jeune. Mais c’est un pays sans culture. En tous cas sans culture propre. C’est comme ça que je l’ai ressenti. Je me trompe peut-être mais j’ai eu le sentiment de traverser un pays-éponge qui a pioché dans des influences diverses (l’art de vivre « Ã  la californienne », des influences britanniques toujours vivaces, un  rapprochement avec la culture asiatique, notamment dans les tendances culinaires, une volonté de Melbourne d’être ressenti comme une ville « européenne »,…) et les a cumulé. A part dire « c’est un pays où il fait bon vivre » parce qu’il n’a pas connu la crise et qu’il y a une insouciance encore présente (tout le monde peut trouver un travail, à 17h on est sorti du bureau et on profite de la plage en famille,…), que l’on croise des murs de street art partout ou des artistes de rues ultra-doués à chaque carrefour, aucun élément saillant ne venait me titiller les neurones et guider mon inspiration pour la prochaine nouvelle. Pour la première fois depuis mon départ, aucune évidence ne s’imposait. C’est un commentaire de l’un d’entre vous (l’une pour être précis, merci Manon) qui m’a mis sur la voie. « J’espère que la prochaine histoire parlera du temps du rêve des aborigènes ». J’avais entendue parler de cette notion, mais elle restait floue. Il a fallu que je m’intéresse à la culture aborigène. Et c’est là que j’ai eu un flash : j’ai du m’intéresser, faire une démarche active. La culture autochtone ne s’expose pas au détour d’une rue. Il faut se rendre dans les musées, lire, demander. Il n’y a aucun héritage visible, évident, de ce peuple si ancien, aux expressions (langage, art, coutumes) si différentes et si originales. Sans être taboue, la question aborigène est mise sous le tapis. Les seuls aborigènes que j’ai croisé sont les plus démunis, les...

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Ton pays qui chante et rit…

Ton pays qui chante et rit…

By on Fév 10, 2016 in | 0 comments

Je n’ai pas visité le Mexique. Enfin, pas vraiment. J’ai passé moins d’un mois à me balader dans les régions de Quintana Roo, de Campeche et de Yucatan, faisant le tour de ce qu’on appelle la péninsule du Yucatan. Une toute petite partie de ce grand pays. Et une partie avec une culture particulière. Les gens d’ici se définissent eux-mêmes comme « à part ». A part, parce qu’ils revendiquent fortement, fièrement, leur héritage maya, vous invitant à découvrir Chichen Itza, Uxmal, Kabah, Edzna,… et racontant avec passion que la péninsule étant un plat pays, chaque colline doit renfermer un temple pas encore mis à jour. Ce n’est pas loin d’être vraisemblable : on estime que seulement 1% des sites mayas sont restaurés et visitables à ce jour.   A part aussi, parce qu’ils savent qu’ils sont une des vitrines du tourisme de leur pays. Pour le pire parfois, comme à Cancun, cette verrue, cette ville sacrifiée au tourisme de masse exporté directement des Etats-Unis, à coups de « resorts » immenses « all inclusive », de boîtes de nuits démesurées et de prix déconnectés de la réalité du pays et de la vie des locaux. Pour le meilleur aussi. A Campeche, ville coloniale classée au patrimoine mondial de l’Unesco, à Mérida ou à Valladolid, vous êtes dans un rapport beaucoup plus humain et authentique. A Bacalar, vous êtes hypnotisés par les couleurs que prend la laguna, le soleil et des nuages jouant les artistes-peintres. A Mahahual, dès que les bateaux de croisière sonnent le retour de leurs flots de vacanciers à bord, le village replonge dans une torpeur bienveillante et zen. A part aussi, parce que je me suis senti en sécurité où que j’aille, me promenant de nuit, seul, sans appréhension. Alors, quand vous ouvrez le journal et que vous lisez qu’il y a eu la veille 53 morts par balle, principalement dans des affrontements avec la police, mais aussi dans des règlements de compte, des assassinats, vous avez l’impression que ça se passe dans un autre monde. Encore aujourd’hui, dans le journal, on parle du meurtre d’une journaliste, de disparus, de femmes assassinées devant leurs enfants… Vous entendez parler d’affrontements et de routes barrées dans le Chiapas par des indigènes qui manifestent leur colère....

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Le courant des baïnes

Le courant des baïnes

By on Jan 5, 2016 in | 1 comment

Ce début d’année marque pour moi une nouvelle étape dans mon voyage. J’ai l’impression de dire ça tellement de fois que j’ai peur de le galvauder, que vous vous lassiez. Pourtant, c’est la vérité. Ce n’est pas un voyage que je fais, mais plusieurs. Les expériences se regroupent, se rassemblent pour me permettre de vivre des moments, des phases, qui transcendent les pays et les frontières. Je viens d’arriver au Guatemala depuis deux jours. A Antigua plus précisément. C’est parti pour de nouveaux treks, des musées, des déambulations sans fin dans des villes coloniales, des découvertes de ruines mayas. Y’a pire comme programme. Cependant, il est très différent de ce que je vivais depuis trois semaines. Si je n’ai pas fait et vu que ça, je viens de passer du temps sur les côtes du Costa Rica, du Nicaragua et du Salvador. Une incartade côté Caraïbes au Costa Rica, puis une remontée versant Pacifique de ce pays jusqu’au nord du Salvador. Bien sûr le concept de plage est identique partout : un rivage, une mer ou un océan en face. Pourtant, ici, les plages sont radicalement différentes l’une de l’autre, même limitrophes. La couleur du sable change, allant du noir profond au blanc laiteux, la densité de végétation et son grignotage sur le sable varient, la faune prend un malin plaisir à s’implanter mystérieusement dans une crique en boudant la suivante. Le littoral est aussi diversement exploité : de la non-présence humaine où rien ne vient perturber votre tête-à-tête avec la nature et les éléments, à un Las Vegas-sur-océan, néons clignotants et prix d’américains en prime. Avec de nombreux entre-deux plus ou moins sympathiques. Quelle que soit la configuration, la confrontation avec l’eau, le bruit des vagues, les parfums iodés, m’ont toujours attiré. Et, force est de constater que je ne suis pas le seul. J’ai croisé, le long de ces côtes un nombre important d’hypnotisés, de drogués de ces plages. Des voyageurs, des touristes, venus pour quelques jours, quelques semaines tout au plus, et qui ont été piégés là. Cette côte porte en elle une beauté empoisonnée, une nonchalance qui peut vous bercer indéfiniment, vous rendre apathique, indolent. (photo Life of Pix – Andreas Winter) Des années plus tard, ces...

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Welcome to the jungle…

Welcome to the jungle…

By on Déc 8, 2015 in | 0 comments

5 000 kilomètres. C’est la distance qui sépare deux mondes. En tous cas, c’est l’impression que j’ai depuis que je suis au Costa Rica. Attention, j’ai adoré me balader en Amérique du Sud, la région des lacs au Chili par laquelle j’ai fini mon périple m’a laissé sous le charme. Ses volcans, ses lacs, ses collines verdoyantes, l’immensité de la Patagonie, la gentillesse des locaux,… Mais, cette région que j’ai aimé parcourir porte en elle une sorte d’austérité qui contraste avec l’exubérance que je ressens ici. Une importante communauté allemande a débarqué à Frutillar, au Chili, et a façonné cette région. C’étaient des travailleurs courageux, des gens pieux, qui ont laissé leur empreinte dans l’architecture avec des maisons en bois et une façon policée de s’adresser à autrui. Tout est bien, beau, à sa place, carré. Moi, j’ai trouvé ça magnifique. La nature est contrôlée, construit pour rendre le meilleur rendu possible. L’île de Chiloé, un autre lieu qui m’a séduit, est une île de pêcheurs, de vrais gars aux mains calleuses, aimant travailler dur dans un décor grandiose mais abrupt, un peu comme les côtes de notre Bretagne nationale. Cette île me rappelle d’ailleurs Groix, Belle-île ou Ouessant. Les locaux sont de purs iliens, bourrus, mais le cÅ“ur sur la main. Le fait que ce soit la région la plus pluvieuse du Chili n’est qu’une coïncidence, je vous le jure. Le Costa Rica, c’est une autre histoire. Le climat, la nature, les sourires, la musique, tout est plus gai ici, plus coloré. Parfois trop : l’exubérance de la nature peut vous offrir de drôles de surprise. Comme ces araignées grosses comme une balle de golf qui viennent se réfugier dans les maisons quand il pleut ou ces serpents qui m’ont obligé à faire un pas de côté aujourd’hui, trouillomètre à zéro, sur un chemin pourtant balisé. Mais ce qui ressort du Costa Rica, c’est que tout est plus vivant. Les couleurs sont plus franches, la faune et la flore font tout en plus gros, les gens sont plus cools,… Leur slogan national « Pura vida » tout le temps à la bouche et la sympathie en bandoulière, ils profitent de la vie. C’est ce contraste qui guide la nouvelle que je suis...

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Vous reprendrez bien un peu de désert ?

Vous reprendrez bien un peu de désert ?

By on Oct 19, 2015 in | 0 comments

Pour une fois, je ne vais pas vous parler d’un pays. Ce qui m’a marqué ces dernières semaines, ce sont des lieux. Des endroits incroyables traversés à la fois en Bolivie, au Chili et au nord de l’Argentine, où je me trouve maintenant. Alors, ne nous arrêtons pas aux lignes de partage dessinés par les hommes et dont la Nature se fiche éperdument. J’ai eu la chance de traverser certains des endroits les plus beaux, les plus impressionnants du monde mais aussi les plus inhospitaliers. Des paysages de désert, des montagnes qui alternent sept couleurs, du jaune à l’ocre, du mauve au vert,  des geysers à plus de 200 degrés qui sentent le soufre, que vous découvrez au petit matin, nichés au cœur d’un volcan, heureusement inactif depuis plusieurs siècles. S’il pouvait le rester, le temps que vous preniez quelques photos, merci… J’ai eu la chance de traverser le Salar d’Uyuni, cette immense étendue plane où l’expression « à perte de vue » prend tout son sens. J’ai marché sur une formation rocheuse que les locaux appellent une « île » tant ce désert de sel se prend pour une mer, sur laquelle des cactus-vigies veillent en permanence. J’ai grelotté de froid au cœur de « l’altiplano », à plus de 4 000 mètres d’altitude, regardant une voie lactée comme je ne l’avais jamais aperçue dans aucun des pays que j’ai pu visiter. J’ai vu des flamands roses dans des « salinas », ces lacs de montagne, roses elles aussi. Compétitions de couleurs ! Le tout arbitré par des volcans aux formes parfaites, comme vous les avez toujours rêvés . J’ai parcouru le désert d’Atacama, le désert le plus aride au monde. Je devrais dire « les déserts », car, là encore, les paysages sont tellement variés. Plusieurs déserts de sel, qui n’ont rien à voir ni entre eux, ni avec ce que j’ai pu voir à Uyuni. J’ai marché dans des sites qui vous font voyager sur d’autres planètes : ils n’ont rien à voir avec l’idée que vous avez de la Terre. J’ai fait un tour sur la Lune, sur Mars et sur des planètes encore inexplorées. Je suis entré dans des Canyons aux dégradés expressionnistes et aux murailles infranchissables. Je me suis élevé plus haut que les nuages pour...

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Mieux que les cités d’or…si, si

Mieux que les cités d’or…si, si

By on Sep 29, 2015 in | 0 comments

C’est avec regret que je quitte le Pérou ce soir. J’y ai vu des choses extraordinaires (Machu Pichu en tête mais pas seulement), croisé des gens géniaux – un grand merci à Marieke pour son accueil à Lima, (trop) mangé des plats délicieux, me suis fait surprendre par la beauté du paysage, ai découvert les bus de nuit les plus confortables que je connaisse (bon, par contre, la route en lacets, pour dormir, c’est pas top), ai marché sur des chemins incas à flancs de falaises,… Il est temps de passer à une autre étape : départ en bus de nuit (et oui encore, je deviens accro) pour la partie bolivienne du lac Titicaca. Ce que je retiens du Pérou, si je devais synthétiser, c’est la diversité. Diversité des paysages, diversité des cultures, et diversité dans l’évolution de la population vs le « modernisme global ». C’est à Cuzco que cela m’a le plus marqué : ici, on oscille toujours entre la tentation de se fondre dans les traits communs de la culture occidentale et une envie farouche de défendre voire de développer sa culture et son patrimoine. A l’image de cette ville qui revendique aussi bien l’apport des espagnols que la force de la culture inca. D’ailleurs, les habitants sourient toujours quand ils nous voient, touristes français, arborant la marque Quechua. Voir des vêtements modernes, européens, se revendiquer de leur histoire et de leur peuple, je pense qu’il y a un peu de fierté là-dedans. Il y a, bien sûr, dans ce Pérou, la confrontation habituelle des pays en développement : se conformer aux modèles existants, Europe et Etats-Unis, ou créer leur propre modèle de développement. Notamment dans les Andes, on sent un tiraillement plus fort que d’habitude, car la culture inca (et pré-inca) est très présente. Il y a un attachement qui n’est pas de façade, qui n’est pas de pacotille. On croise dans les rues, dans les cafés, des femmes en costume traditionnel, alors que, juste en face, il y a une boutique de lingerie ou de jean taille basse. La culture péruvienne va-t-elle se diluer dans le « mainstream global » ou va-t-elle résister et créer une autre façon d’être moderne, sans perdre ses racines ? C’est avec cette interrogation que je quitte...

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Big is beautiful…?

Big is beautiful…?

By on Août 23, 2015 in | 1 comment

Je n’ai pas la prétention (j’en ai d’autres, rassurez-vous) d’affirmer détenir la vérité sur les comportements des américains dans leur globalité. Je suis bien conscient que je n’ai goûté qu’à quelques miettes de cet énorme gâteau. En un temps assez court qui plus est. J’ai raclé le glaçage soigné sans toucher ni à la garniture, ni à la crème écoeurante. Des Etats-Unis, je n’ai vu que New York, Cape Cod, Chicago, Los Angeles et ses alentours, et San Fancisco d’où je vous écris en ce moment. Pourtant, j’ai ressenti des différences notables entre ces villes (rien de plus normal, il y a plus de kilomètres entre New York et San Francisco qu’entre Brest et Beyrouth. Si, si, vous pouvez vérifier). Je passe vite sur New York et son aspect « cliché », carte postale, déjà mentionné ici. Cape Cod est, en soi, un assemblage de villages disparates avec Provincetown en point d’orgue de ce coude tendu vers la mer. Je vous conseille vivement cette ville « gay » et gaie qui occupe la pointe de Cape Cod. Malgré les hordes de touristes, on ressent une authenticité et une énergie incroyable dans ses rues, ses plages, ses galeries d’arts,… Chicago, Los Angeles et San Francisco ont chacune des personnalités bien tranchées. Elles ont aussi un point commun, qui a du être un facteur inconscient de choix pour ces destinations : elles ont toutes un rapport avec l’eau. Mon cerveau reptilien d’arcachonnais a du intégrer ce facteur sans que je ne m’en rende compte. J’ai plus ou moins d’affinités avec chacune de ces villes, mais il y a un dénominateur commun qui m’a choqué : c’est la détresse criante des laissés pour compte. Oui, il y a aussi des SDF en France, mais là, à la fois le nombre, leur douleur, voire leur folie m’ont frappé. Et ne pensez pas que je les vois plus parce que j’ai les yeux plus grands ouverts en voyage qu’à domicile. Au Québec, à New York, je n’ai pas ressenti la gêne qui grandit en moi depuis Chicago. Attention, les gens sont plutôt ouverts dans les échanges quotidiens. Mais l’ambition affichée est forcément excluante vers ceux qui n’y arrivent pas, qui n’y arrivent plus. C’est à Los Angeles que c’est le plus frappant. Parce que cette ville...

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Ma cabane au Canada…

Ma cabane au Canada…

By on Août 10, 2015 in | 1 comment

La première nouvelle approche... J’espère que tous les lieux que je vais traverser m’insuffleront autant d’inspiration que ce pays,…oups pardon, cette province. Mais il est difficile de ne pas voir le Québec comme une sorte d’île posée un peu au large du reste du Canada, un tout indépendant, tant il y a une culture, une façon d’être, qui résonne encore plus pour nous, francophones. Car, ce qui frappe avant tout ici, c’est la langue. Cette utilisation du français à la fois si proche de nous et si différente. C’est ce qui permet, de prime abord, de créer une ambiance unique. Même si parfois les buildings, les voitures, les rues, vous renvoient aux USA, il suffit que votre oeil accroche une affiche, une enseigne pour créer une sensation particulière. En plus, ce langage n’est pas le français tel qu’on le connait. Il a évolué avec ce pays et ses habitants. Il a ses consonances (la chaîne de magasins « Jean Coutu » me fait sourire à chaque fois), ses anglicismes francisés (on vous dit parfois « bienvenue » après un merci, traduction littérale de « you’re welcome ») et bien entendu son vocabulaire. Ca donne un exotisme dépaysant, mais surtout ça traduit, selon moi, une manière de penser et d’être. Ici, on dit les choses simplement : on appelle un « dépanneur » une épicerie de quartier et une châine de magasins ouverts tard la nuit a choisi « couche-tard » comme nom par exemple. Et j’ai l’impression que c’est le reflet de leur comportement, plus serein, moins stressé que nous (est-ce le langage qui a changé les gens ou les gens qui ont influencé le langage ?…que celui qui a la réponse entre la poule et l’oeuf décide). Car le langage n’est pas anecdotique ici. C’est un combat de tous les jours pour lutter contre l’invasion de l’anglais qui est à leurs portes voire dans leurs murs. Avec des victoires étonnantes parfois : vous connaissez PFK ? Les Poulets Frits du Kentucky ! Et oui, KFC a dû traduire son nom de marque pour s’installer ici. Ce caractère québécois se retrouve aussi dans la rue : les gens sont « hippie grunge ». Beaucoup de tatouages, de piercings, de vêtements colorés, de coupes de cheveux décalées,… Du street art présent dans les métropoles, aussi bien à Québec...

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Rien sur New York…

Rien sur New York…

By on Juil 21, 2015 in | 0 comments

Je ne devais pas écrire de notes sur New York. Parce que ce n’est pas un blog de voyages,mais un blog « littéraire » (même si je n’aime pas ce terme qui fait pompeux et, il faut bien le dire, chiant) et que je ne pense pas que New York sera au centre d’une des 12 histoires. Et puis, je me suis dit « Allez, au moins une brève symbolique pour mentionner le Chelsea hôtel. Ce serait idiot de passer à côté de ce lieu légendaire où Kerouac a écrit « Sur la route » et Arthur C. Clarke (Sir Arthur, excusez-moi), « 2001, l’odyssée de l’espace ». » Et bien, cet hôtel, qui a inspiré Arthur Miller (qui y a vécu), Dylan Thomas ou encore Léonard Cohen, excusez du peu…est une ruine. Un ensemble d’échafaudages masque le bâtiment en pleine réhabilitation et fermé au public. A voir la façade décrépie qui reste encore en place, cela devait faire un bon bout de temps que les muses avaient déménagé dans un autre quartier. Alors je me rabats sur la célèbre « Public Library » de New York et sa salle de lecture tout en boiseries….en réhabilitation. Quand ça veut pas… Du coup, vraiment plus aucune raison d’écrire sur cette ville. Et pourtant, vous êtes en train de me lire. Mais alors, elle est sur quoi cette note à la fin ? Elle est justement sur la difficulté d’écrire sur New York. Parce que la force de cette ville est aussi sa limite. Je ne suis pas encore prêt pour écrire sur cette ville, mais je pense que c’est le cas de beaucoup d’écrivains : trop haut, trop vite, trop fort. Je m’explique : New York ne laisse pas de place pour imaginer une histoire, elle impose la sienne. Manhattan est une île aux contours narratifs aussi dessinés, aussi précis et tranchants que les falaises d’Etretat. New York s’est construit un mythe. Quand on arrive dans cette ville, on se prend des images en pleine gueule. Des images qu’on connait tous par cÅ“ur pour les avoir vues, lues, rêvées : les taxis jaunes, la Statue de la Liberté, la Skyline, l’Empire State Building, Central Park, les vendeurs de hot dog,… Et on n’est pas déçu, au contraire. Ce que l’on voit, ce...

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bienvenue

bienvenue

By on Juil 16, 2015 in | 0 comments

Bonjour à tous et toutes… Ca y est, c’est parti. Enfin presque : décollage dans 2 jours. Et, grâce à vous tous, un échéancier à tenir et une première nouvelle à vous fournir avant fin août. D’ici là, vous trouverez sur ce site tout ce qui va me servir d’inspiration. Un lieu, une rencontre, un plat,…l’imaginaire – comme le diable – se cache dans les détails. 😉 A très vite pour que vous embarquiez avec moi dans cette aventure...

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